Mot du président – 15 décembre 2023 : Bilan d’une année chargée

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Pierre-Paul Malenfant - Président de l'Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec

Alors que l’année tire à sa fin, l’heure est au bilan. Quand je regarde tout ce qui a été accompli au cours des 12 derniers mois par l’équipe de l’Ordre, j’en ai presque le vertige. Vous me pardonnerez donc la longueur inhabituelle de ce texte 😉 ! 

Parmi les projets phares qui ont mobilisé beaucoup de nos énergies, il y a, vous vous en doutez surement, les États généraux du travail social. Un projet ô combien nécessaire dans le contexte actuel, et la mobilisation de plusieurs d’entre vous et de nombreux partenaires en est la preuve. Toutefois, par solidarité avec les milliers de personnes actuellement en grève dans le secteur public, le Sommet des États généraux, devant avoir lieu les 18 et 19 janvier, sera reporté au 19 et 20 avril 2024.  

Cette décision prise de concert avec les partenaires tient non seulement compte de la disponibilité des personnes susceptibles de participer au Sommet, mais également des difficultés financières et autres perturbations que peuvent engendrer des grèves, tant pour les gestionnaires et les travailleuses et travailleurs que pour la population.  

Les partenaires au sein de l’organisation souhaitent aussi que l’événement ait lieu dans un contexte de mobilisation optimale.   

Nous avons conscience que ce changement peut causer des désagréments, mais l’heure est à la solidarité. Ce n’est que partie remise; d’autres informations suivront sous peu. Restez à l’affût!    

Plan Santé et Réforme Dubé

Parmi les autres dossiers chauds de 2023, il y a eu le Plan Santé et la Réforme Dubé. Déjà depuis le dépôt du Plan Santé en mars 2022, on sentait la volonté du gouvernement d’« élargir » les professions. L’Ordre a, comme ses homologues, participé à de nombreuses rencontres avec le ministère de la Santé et des Services sociaux, afin d’évaluer comment favoriser la contribution des différents professionnels à la réalisation d’activités réservées. Or, dans le cas des professions du domaine de la santé mentale et des relations humaines, il s’est plutôt avéré que l’intention était de confier, en tout ou en partie, des activités réservées pour leur haut risque de préjudice à des non-membres d’ordres professionnels. Encore une fois, on fait face à un « deux poids, deux mesures » qui démontre bien la mauvaise compréhension de nos professions et des risques de préjudices importants liés aux activités qui leur sont réservées. Sachez que nous avons adopté une posture ferme et que nous suivrons toujours ce dossier de près en 2024. La solution à la pénurie de main-d’œuvre ne réside pas dans la déprofessionnalisation.  

Relativement à la Réforme Dubé, l’Ordre a eu la chance de présenter en commission parlementaire en mai 2023, et de porter la voix des services sociaux. Cette réforme, bien qu’elle créée une direction des services sociaux dans les différents établissements comme aime le rappeler le ministre, poursuit une logique médico-centriste et centralisatrice qui ne vous permet pas de jouer votre plein rôle et qui vous oblige souvent à composer avec des directives contraignantes, accordant peu d’importance à votre jugement professionnel. De surcroît, elle invisibilise le travail important que vous faites par la création de Santé Québec. C’est pourquoi nous veillerons au grain au cours des prochains mois qui seront consacrés à la transition. N’hésitez jamais à m’écrire pour me rapporter des situations qui vous préoccupent. Voici l’adresse pour me joindre : [email protected].

Modernisation du système professionnel

Un autre chantier amorcé cet automne par le gouvernement est celui de la modernisation du système professionnel. Plusieurs questions sont sur la table, relativement à la notion de protection du public et aux mécanismes qui y sont liés, au rôle sociétal des ordres professionnels, ou encore au traitement règlementaire complexe qui empêche parfois les ordres d’être aussi agiles qu’ils le souhaiteraient. Le processus de modernisation se poursuivra l’an prochain et nous vous tiendrons bien évidemment au courant des orientations et décisions qui pourraient avoir un impact sur vous, les membres.  

Aide médicale à mourir

Au printemps dernier, l’Ordre a été invité en commission parlementaire pour se prononcer favorablement sur la nouvelle mouture du projet de loi devant élargir l’aide médicale à mourir. Ce projet, qui fait maintenant force de loi, prévoit notamment la possibilité de formuler une demande anticipée d’aide médicale à mourir pour les personnes atteintes d’une maladie grave et incurable menant à l’inaptitude. Cette Loi rend également accessible l’aide médicale à mourir aux personnes ayant une déficience physique grave entraînant des incapacités significatives et persistantes, pourvu qu’elles répondent aux autres critères de la Loi.  

Premières Nations et Inuit : Décolonisation et autodétermination

L’Ordre a mis sur pied un groupe de travail composé de membres issu·e·s des Premières Nations et Inuit (PNI) en 2022 afin de l’accompagner dans une démarche de décolonisation pour contrer le racisme systémique et promouvoir des pratiques professionnelles culturellement sécuritaires. Ce groupe nommé Mikun-Suluk a poursuivi ses discussions et travaux au cours de l’année 2023 et déposera des recommandations à la séance du CA du 15 décembre. J’ai hâte de pouvoir vous en dire davantage, mais s’il y a une chose que j’ai apprise, c’est qu’il faut prendre le temps pour bien faire les choses.  

Relativement aux PNI, l’Ordre s’est également positionné clairement en faveur de leur autodétermination dans le cadre de sa lettre transmise aux parlementaires relativement au projet de loi 32, Loi instaurant l’approche de sécurisation culturelle au sein du réseau de la santé et des services sociaux.

Logo Mikun-Suluk

Des avancées pour les T.C.F.

En plus du lancement du Guide de supervision en thérapie conjugale et familiale/psychothérapies relationnelles et du lancement de la formation en supervision approuvée par l’Ordre au cours de l’année, celle-ci s’est terminée avec une bonne nouvelle que nous n’attendions plus. Effectivement, le gouvernement fédéral a annoncé le 21 novembre, dans le cadre de sa mise à jour économique, sa volonté de retirer la TPS/TVH sur les services de psychothérapie, et donc sur les services de la très grande majorité des T.C.F. La mesure devra être formalisée par l’adoption et la sanction du projet de loi C-59 Loi portant exécution de certaines dispositions de l’énoncé économique de l’automne déposé au Parlement le 21 novembre 2023 et de certaines dispositions du budget déposé au Parlement le 28 mars 2023. Nous vous tiendrons au courant des développements. 

Nous espérons pour la prochaine année que la demande de création du titre de T.C.F dans le réseau de la santé et des services sociaux sera déposée par l’APTS qui est porteuse du dossier. Nous poursuivrons également notre collaboration avec les universités québécoises qui pourraient manifester de l’intérêt dans le développement d’un programme francophone de maîtrise en thérapie conjugale et familiale.

Sur ce, je m’arrête ici, et je prends ces dernières lignes pour vous souhaiter une belle période des fêtes. Je sais que le contexte actuel, notamment la bataille que plusieurs mènent pour leurs conditions de travail, n’est pas facile, et je suis de tout cœur avec vous. 

Je vous souhaite toutefois un peu de repos, et des moments de qualité avec vos proches pour les prochaines semaines.  

Votre président,  

Pierre-Paul Malenfant, T.S.